Assad regime religion

Une photo obtenue depuis le compte Facebook de la présidence syrienne montre le président Bachar al-Assad et sa femme dans l'église Notre-Dame de Damas, le 18 décembre Issus de la minorité alaouite dans un pays qui n'a connu que des présidents sunnites, les Assad trouvent dans les clivages tribaux, ethniques et confessionnels de la société syrienne un outil d'instrumentalisation et de manipulation qui leur permet de consolider leur assise.

Pour ce faire, le régime syrien s'entoure d'une clientèle, religieuse et laïque, issue des communautés minoritaires, mais également majoritaire, à même de donner l'image d'un régime rassembleur et unificateur.

La mise en place de cette clientèle, loyale, consiste d'abord à préserver une "représentation" stable et continue des minorités au sein du gouvernement, de l'armée et du parti Baas.

Puis, dans un second temps, à procéder à une démarche de cooptation et d'incorporation de leurs dignitaires religieux faciliter les démarches concernant l'enseignement confessionnel, la construction de lieux de culte, davantage d'indépendance en matière de statut personnel La manipulation du maillage communautaire est devenue récurrente avec le déclenchement du mouvement de contestation en mars Le régime qui présente les contestataires, alors pacifistes et de toutes les composantes de la société, comme des gangs armés et des islamistes salafistes, oeuvre à tenir les minorités en général, et les chrétiens en particulier, à l'écart de la contestation pour réduire le mouvement à une composante essentiellement musulmane sunnite et dont le lien avec l'islamisme est plus facile à établir.

Aussi pour montrer que les Chrétiens seraient alliés au régime, le Général Daoud Rajha est à peine promu ministre de la Défense le 8 aoûtune première pour un Chrétien depuis l'arrivée du Baas en Syrie, qu'il meurt dans un attentat le 18 juillet Quant à Jihad Makdissiil exercera quelques mois seulement après le soulèvement les fonctions de porte-parole du ministère des Affaires Etrangères avant de quitter la Syrie en novembre Des Syriens brandissent des portraits du président Bachar al-Assad à Lattaquié le 29 mai Pour accréditer sa thèse de départ "les contestataires sont des islamistes", le régime s'est fortement investi, et ce, dès le début du soulèvement dans la confessionnalisation de la crise appel à des milices chiites d'Irak, du Liban et d'Iran, destruction de mosquées sunnites, alliance entre alaouites et chiites, promotion du discours par des médias chiites, libération des djihadistes Il en va de même lorsque l'Eglise orthodoxe russe qualifie de " guerre sainte " les opérations militaires en Syrie.

Cette démarche provoque largement la radicalisation du mouvement de contestation et son islamisation, créant une situation de repli sectaire.

Dans ce contexte Bachar el-Assad se positionne comme l'unique alternative capable encore et malgré la crise d'assurer la protection des Chrétiens syriens mais aussi de tout l'Orient.

Ce n'est pas sans faire le lien entre l'islam prétendument tolérant d'un régime "alaouite" et les chrétiens d'Orient. Les médias nationaux ont alors présenté l'événement comme une première dans le monde arabe et musulman.

L'archevêque grec-catholique d'Alep, Jean-Clément Jeanbartpour qui le conflit oppose "un Etat à des djihadistes cherchant à détruire la culture syrienne, massacrer les minorités religieuses et la population laïque", ne voit pas d'alternative au régime de Bachar el-Assad, redoutant " les conséquences d'un renversement du régime, qui pousserait beaucoup de nos fidèles à émigrer, comme en Irak depuis la chute de Saddam Hussein".

Se revendiquer de la laïcité permet de légitimer aux yeux des pays occidentaux la lutte contre ses opposants et de passer ainsi sous silence la répression contre l'opposition et la population qu'elle a réussi à réduire à sa dimension religieuse islamiste.

Il est donc important, dans le contexte syrien, de dissocier la laïcité en tant que volet de l'idéologie du Baas et le régime supposé la mettre en oeuvre. Le parti Baas et la laïcité ont été instrumentalisés au profit d'un projet personnel et d'un pouvoir politique en quête de longévité.

Le régime des Assad a vu dans la laïcité un regime healthy life garcinia plutôt qu'un objectif ou une finalité, un moyen de légitimation et de contrôle du pouvoir. Niger : 71 militaires tués dans une attaque djihadiste, Macron reporte le sommet de Pau. Daech revendique l'attaque meurtrière au Niger, trois jours de deuil national. Algérie : qui est Abdelmadjid Tebboune, le nouveau président déjà contesté?

Manifestation à Alger, heurts en Kabylie Une présidentielle sous tension. Recevez le meilleur de L'Express sélectionné par la rédaction. Votre adresse e-mail nous permettra de vous envoyer les newsletters auxquelles vous vous êtes inscrit. Pour exercer vos droits, consultez notre Politique de données personnelles. Il est contraint de revenir en Syrie où il entre à l' académie militaire de Homs.

Il est placé par son père à la tête de la Société informatique syrienne, où il participe à l'introduction d'Internet dans le pays, en [ 13 ]. Enil devient colonelpuis effectue des missions de confiance pour le gouvernement. Il s'est notamment rendu au Liban pour rencontrer le président Émile Lahoud et en Franceen novembreoù il est reçu en tête-à-tête par le président Jacques Chirac à l' Élysée.

À la mort du président Hafez el-Assad, le Parlement amende la Constitution pour abaisser l'âge minimum pour la candidature à la présidentielle, qui passe de 40 à 34 ans. Bachar el-Assad est promu deux jours plus tard général en chef des forces armées syriennes par le vice-président Khaddam, qui assure alors l'intérim à la tête du pays.

Le Parlement le propose comme président de la République le 25 juin Il est parfois décrit comme un président devant composer avec les membres les plus radicaux du Parti Baas qui tiennent l'administration mise en place par son père et qui se placent toujours dans l'optique d'un conflit armé avec Israël pour libérer le plateau du Golan qu' Israël occupe illégalement. N'ayant pas la possibilité de contrôler le Baas, il le double et en moins de deux ans, parvient à écarter les trois quarts des responsables politiques, administratifs et militaires de l'ancien régime [ 15 ].

Il réalise ainsi des réformes économiques, notamment en libéralisant le secteur bancaire, mais en conservant le principe d'un socialisme d'État. Conséquence de cette politique, le boom immobilier explose dans certains quartiers de Damas, douze banques privées sont créées [ 15 ]. Ces réformes profitent en premier lieu aux milieux d'affaires de la grande bourgeoisie sunnite [ 15 ].

Elles favorisent également la création d'une classe moyenne sunnite qui rallie les sympathisants du régime [ 17 ]. Mais, la corruption, bien que condamnée dans les discours officiels, devient endémique [ 15 ].

Au niveau politique et en dépit de cette période d'euphorie, l'État reste verrouillé. Avec l'arrivée au pouvoir d' Ariel Sharon en Israël et la montée des revendications antisyriennes au LibanBachar el-Assad durcit sa position [ 14 ].

Il fait arrêter des dizaines d'intellectuels qui avaient signé une déclaration avec les Frères musulmans [ réf. Les sanctions économiques mises en place par les États-Unis compliquent la situation.

Dans un entretien au Wall Street Journalil explique, le 31 janvierson projet politique. Selon lui, pour ériger la démocratie, il faut changer la société. Il convient à la fois de développer le sens du dialogue, ce qu'il a entrepris au travers de la presse à partir deet de créer une classe moyenne, ce qu'il est parvenu à faire dans les grandes villes.

Fin avrilil annonce briguer un troisième mandat à l' élection présidentielle qui a lieu le 3 juin suivant [ 18 ]. Il prête serment pour un troisième mandat le 16 juillet En dépit des relations tendues qu'entretient la Syrie avec Israël, le président Assad a demandé la reprise des négociations de paix pour la restitution du plateau du Golanoccupé par Israël depuis Les États-Unis et Israël lui reprochent par ailleurs de soutenir activement des groupes armés comme le Hezbollahle Hamas et le Djihad islamique [réf.

Il collabore néanmoins dès octobre avec menu de regime pour perdre 10 kilos pdf CIA dans les enquêtes concernant Al-Qaïdamais l' invasion de l'Irak par l'armée américaine en marque un tournant [ 15 ].

Avec Jacques Chirac, Assad s'oppose à la guerre d'Irak, en utilisant le siège de la Syrie au Conseil de sécurité de l' ONU en dépit de l'animosité qui existait alors entre les régimes syrien et irakien.

De nombreux djihadistes se rendant en Irak passent par la Syrie [ 15 ]. Enil est accusé par les États-Unis et la France d'avoir commandité, avec le président libanais Émile Lahoudl'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafiq Haririce qui n'est toujours pas prouvé à ce jour.

Un tribunal spécial est créé par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter sur cet assassinat. D'énormes manifestations ont lieu au Liban et Bachar doit annoncer le retrait des troupes syriennes du pays [ 15 ]. Il maintient néanmoins son contrôle du Liban grâce au Hezbollah [ 15 ].

Dans le monde arabe, Bachar el-Assad reprend de bonnes relations avec l' OLP et essaye d'en établir avec des États arabes conservateurs du Golfetout en se tenant garant de l'agenda nationaliste arabe de la Syrie. Partisan du projet de Nicolas Sarkozy pour instituer une Union pour la MéditerranéeBachar el-Assad est devenu un partenaire indispensable à la réussite du projet. Sur l'insistance de l'émir du Qatar [ 15 ]il participe au sommet des 13 - 14 juillet à Paris et est invité au défilé militaire du 14 juillet aux côtés des autres chefs d'États signataires de l'accord.

Sa présence à la tribune officielle provoque une controverse en France [ 20 ]. À partir de marsle régime baassiste doit faire face à une vague de contestation populaire sociale et politique sans précédent. Comme en Tunisie ou encore en Égypteles manifestants demandent le départ de leur dirigeant. C'est avant tout la Syrie périphérique des bourgs ruraux et des campagnes, qui n'a pas bénéficié des changements économiques, qui se soulève [ 15 ].

Plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir siège du Parti Baas, tribunaux sont notamment incendiés. Bachar el-Assad et ses collaborateurs ordonnent la répression de ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés, aussi bien militaires que civils insurgés ou non.

À partir du 25 marsmalgré la répression et des concessions du gouvernement, le mouvement s'étend aux principales villes du pays. Des manifestations de soutien au gouvernement sont également organisées en réponse. La mort d' Hamza al-Khatibarrêté lors d'une manifestation à Derra, à l'âge de 13 ans, et sa dépouille, rendue à sa famille avec de multiples marques de torture et d'os brisés, provoque une vive réaction contre Bachar el-Assad et son régime dans tout le pays [ 22 ].

Le Times et le Sunday Times feront plus tard état de documents indiquant que le président syrien aurait alors personnellement donné l'ordre de faire torturer et exécuter les opposants [ 23 ][ 24 ]. Les déserteurs de l' armée refusant de participer à la répression sur les civils rejoignent l' armée syrienne libre. Les quartiers des villes rebelles sont pilonnés à l'arme lourde obusiers, mortiers et bombardés par des avions de chasse et des hélicoptères.

En juilletle comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont officiellement déclaré la Syrie en état de guerre civile [ 26 ]. Il nie avoir donné l'ordre de massacrer les manifestants pacifistes au début du soulèvement.