Regimen de visitas de los abuelos peru

On le sait, cet inca appliqua une sévère politique de déplacement forcé des populations vaincues pour assurer un meilleur contrôle des territoires conquis. D'autres mitimaes sont plus précis, et affirment être arrivés à Yucay à la suite de la guerre civile qui divisa le Tawantinsuyu lors de l'affrontement qui opposa les deux frères et prétendants à la succession.

Enfin, d'autres immigrants on ne sait combien arrivèrent dans la vallée avec les troupes des chefs militaires des diverses factions. Gutierrez Flores, en plus de s'intéresser à la trajectoire migratoire des Indiens, nota l'existence d'une nette distinction de leurs activités dans la vallée.

Mais aucun membre de ce dernier groupe ne fournit d'informations temporelles sur sa trajectoire migratoire. Bien que Gutierrez Flores ne les mentionne pas, rappelons que vivaient également dans la vallée d'autres ofidales spécialisés dans les rituels.

Gutierrez Flores reconnut l'existence de cette pluralité d'individus au passé migratoire varié et aux activités diverses. Cependant, le fait qu'une grande partie de la population de la région se trouvait encore au service exclusif des successeurs des Incas en juin retint particulièrement son attention.

Il faut comprendre que, pour le visiteur, il était inacceptable que les tyrans continuassent à garder des Indiens à leur service au détriment des droits que la Couronne détenait sur eux.

De plus, il voyait dans cette pratique ancienne une menace, en raison des liens de fidélité qui liaient ces serviteurs aux Incas. Ces derniers - et leurs alliés - pouvaient provoquer des soulèvements et légitimer leur pouvoir en invoquant des droits ancestraux sur le Pérou Prévoyant justement de telles revendications, le visiteur décida d'appliquer une série de mesures administratives destinées à abolir les droits des Incas sur les Indiens À la recherche d'un critère de naturalisation.

Cette population représentait un double intérêt. D'une part, elle était nombreuse et composite, selon l'appartenance ethnique. D'autre part, elle avait une importance emblématique, dans la mesure où elle était issue des populations déplacées du temps des Incas. Ce sont ces deux caractéristiques qui leur permirent de bénéficier de la naturalisation.

Que fit Gutierrez Flores des enfants de ces unions qui perturbaient la configuration sociale de Yucay? Il décréta qu'ils relevaient du groupe des mitimaes, et qu'ils étaient donc des naturels nés dans la vallée de Yucay. Gutierrez Flores se devait de définir des critères sûrs, afin que la naturalisation n'apparût pas comme une fiction mais, au contraire, comme la sanction la plus naturelle de leurs origines.

Deux options étaient envisageables : la première consistait à adopter une approche généalogique, c'est-à-dire considérer tous ceux ayant au moins un ancêtre mitima comme étant descendants de mitimaes, et donc mitimaes eux-mêmes, inscrivant ainsi les individus dans l'héritage de leur filiation. Un enfant né de l'union d'un père mitima et d'une mère native de Yucay pouvait avoir, par exemple, une grand-mère originaire de la vallée, laquelle descendait d'une mère venue d'ailleurs.

C'était là le genre de problème qui se présentait au moment de définir le statut des individus ; jusqu'où devait-on remonter dans le temps, d'autant plus que les mitimaes étaient arrivés à des moments différents de l'histoire de l'occupation de la vallée? La seconde possibilité consistait à conserver le statu quo et à n'inscrire comme mitimaes que ceux qui avaient ce statut au moment de la visite.

Ce critère était plus simple, considérant que le statut hérité de l'époque inca ne faisait aucun doute. Mais alors, c'était maintenir les critères de stratification qu'avaient conçus et imaginés les Incas, ces tyrans auxquels on déniait toute légitimité. Après avoir évalué les inconvénients que représentaient les deux options, l'administration vice-royale en proposa finalement une troisième, fondée sur l'un des principes clés des sociétés d'Ancien Régime. On décida d'imposer un critère temporel pour établir le statut de naturel, de considérer, en d'autres termes, la durée de la résidence des individus en un lieu donné.

Un critère de naturalisation : le temps de résidence. Francisco de Toledo ordonna donc de naturaliser tous les Indiens qui habitaient la vallée depuis au moins dix ans. Cette mesure administrative gelée volume cheveux afro à un ensemble de générations aux trajectoires migratoires différentes. Mais cette décision fit apparaître un autre problème, que les administrateurs n'avaient pas prévu : comment régler le statut des membres d'une famille à la suite du décès du père?

Prenons l'exemple d'un ménage mixte avec plusieurs enfants. Ainsi, les garçons entre neuf et dix-sept ans, peuvent continuer à vivre dans la vallée ou bien choisir de s'inscrire dans la juridiction maternelle, avec l'autorisation du cacique de celle du père. Au contraire, leurs frères entre zéro et huit ans sont obligés de vivre avec leur mère dans la juridiction paternelle.

Nous manquons malheureusement de détails sur l'application de ce type de solution une fois la naturalisation achevée35 cf. Pour y voir plus clair, nous devons laisser de côté l'analyse des dispositions administratives, pour nous focaliser sur l'application des processus d'inscription des Indiens.

Nous nous basons sur un fichier de unités fiscales de yanaconas, ou serviteurs des Incas, constitué à partir de différentes sources. Cette sous-population est répartie entre les quatre villages de la vallée: Santiago de Oropesa unités fiscales dénombréesSan Bernardo 23Yucay et San Francisco de Maras Nous avons utilisé cinq critères pour établir les preuves de la naturalisation des yanaconas: le sexe, puisque hommes et femmes ne sont pas inscrits de la même manière dans les dénombrements coloniaux les informations concernant les femmes sont moins précises, mais nous les avons néanmoins prises en compte dans l'analyse ; l'origine du yanacona constitue le second, fort discriminant dans l'enregistrement de la population ; l'état civil, bien que les administrateurs soient peu diserts sur ce point ils partent en effet du principe que perdre du ventre homme gainage lombaire femmes célibataires seront inscrites avec leurs époux dans les registres ultérieurs et n'envisagent donc pas la possibilité d'un célibat définitif ; le lieu où les individus étaient précédemment inscrits soulignons que l'on ne doit pas confondre celui-ci avec la province géographique, et encore moins avec l'ethnie.

Par exemple, certains yanaconas viennent de Tomebamba mais pouvaient ne pas être Canaris, des groupes y ayant eux-mêmes été transplantés. Figure 3 - Catégories de parentés destinées à distinguer les enfants d'une union mixte.

Il est indiqué de façon plus ou moins claire, car il est parfois difficile de le dissocier du temps de service dans la vallée. C'est pourquoi l'on a prêté une grande attention aux raisons que les Indiens invoquent pour expliquer leur résidence dans la vallée jusqu'à Sont évidemment comptées les femmes qui ne s'expriment pas sur le sujet. Parmi ceux qui ne se déclarent pas, on trouve hommes yanaconas. Peut-être craignaient-ils d'être écartés du réseau de clientèle des Incas?

Les déclarations des Indiens sont importantes, bien qu'elles aient été transcrites de façon très succincte par les enquêteurs. Il en ressort que la vallée leur servait à la fois de lieu de résidence et de travail. Tableau 2 - Répartition de l'effectif masculin des yanaconas de Yucay selon leur lieu d'origine. Nous avons répertorié dans le tableau 2 les lieux d'origine figurant dans les registres de population.

Au vu des pourcentages, on pourra évidemment objecter que ce tableau n'a pas de valeur statistique. Mais son utilisation se justifie d'un point de vue historique, parce qu'il fournit des indices sur les origines anciennes des habitants de la vallée.

Certains proviennent par exemple de villages de la juridiction du Cusco, tels Jaquijaguana, Tambo, Pacaritambo ; d'autres yanaconas mentionnent des origines très éloignées, comme Pasto, Bracamoros, Cayambe et Nicaragua.

A partir des renseignements fournis par les registres de population de la Visite générale, il est possible d'observer de plus près la politique de naturalisation appliquée aux groupes d'Indiens alliés des Espagnols. Nous avons sélectionné les unités domestiques dont le nom du chef de famille offre des informations sur la naturalisation.

Pour un certain nombre d'Indiens, la question de la naturalisation se pose en des termes différents. Ils devaient remplir deux conditions : résider depuis au moins dix ans dans la vallée et être Canaris de souche, Chachapoyas ou Cayambis qui, comme les premiers, étaient au service de la Couronne.

L'administration les enregistra scrupuleusement parce qu'ils détenaient, en raison de leur alliance avec les Espagnols, un statut particulier au sein de la société coloniale. Les trois groupes avaient été très tôt associés, voire assimilés sous la commune désignation générique de Canaris.

Selon Udo Oberem, les Chachapoyas représentaient le deuxième groupe ethnique au Cusco par l'importance numérique.

Ce n'est certainement pas un hasard si nombre d'Indiens se faisaient passer pour Canaris, afin de bénéficier du prestige attaché à ce nom et de jouir des avantages qui leur étaient reconnus Les informations nominatives ont permis d'identifier trois cents membres de ménages nucléaires canaris.

Ces yanaconas travaillaient dans la vallée, cultivant les champs de maïs de leurs maîtres ou exerçant un métier spécialisé, comme la fabrication de tissus fins, les très appréciés cumbis. D'autres étaient devenus des jardiniers familiarisés avec les plantes, arbres fruitiers et autres cultures nouvelles. Les activités référencées sont très limitées, mais cela s'explique sans doute par le fait que les administrateurs ne consignèrent que peu d'informations concernant les métiers dans leurs registres de population.

La naturalisation constitua la première étape du processus de l'enregistrement de la population réalisée lors de la Visite générale. Cette mesure permit aux mitimaes de devenir, de droit, des naturels de Yucay, à la condition de résider depuis dix ans dans la vallée.

Elle facilita naturellement le travail des enquêteurs, puisque tous les Indiens se trouvaient, apparemment du moins, en position d'égalité. Ce premier reclassement fut suivi d'un deuxième, qui portait sur les statuts fiscaux des Indiens.

Dans le cas de Yucay, cette mesure était destinée à définir le type de lien de sujétion qui les unissait à Beatriz Clara Coya. C'est pourquoi Gutierrez Flores, dans un but politique évident, inscrivit les Indiens comme serviteurs, les désignant comme yanaconas.

Ce faisant, il fournissait deux raisons particulières pour lesquelles ils ne devaient pas rester sous la domination de cette héritière des Incas : les yanaconas étaient dépourvus de toute indépendance statutaire. Nous l'avons vu, Gutierrez Flores interprète leurs liens à l'égard des Incas comme le produit d'une domination tyrannique, comme l'affirmait le Parecer; ils n'entretenaient pas de relation fiscale régulière avec leurs seigneurs.

Gutierrez Flores en voulait pour preuve le fait que leurs contributions étaient irrégulières et de nature très variable dans le type et la durée du travail entre autres. Se fondant sur ces arguments, Gutierrez Flores limitait la capacité d'assujettissement des descendants des Incas.

Il parvint ainsi à soustraire de la juridiction de Beatriz Clara Coya nombre d'Indiens qui étaient déjà sujets de son père : tributaires et leur famille, soit un total de 2 individus.

La clientèle de Beatriz Clara Coya fut évidemment affectée par la soustraction de ces Indiens, même si, semble-t-il, elle réussit à garder une partie de ses sujets sous son contrôle après la visite.

Le préjudice qu'elle subit est en tout cas exemplaire de la politique menée par le vice-roi pour supprimer les yanaconas, dont disposaient les caciques. La pyramide des âges de Yucay de nous montre que certains groupes furent particulièrement concernés, les hommes de ans jusqu'à 49 ans cf. Ce qui signifie que la naturalisation a surtout touché la population adulte, active et susceptible de payer des impôts.

Les sujets de la Coya étaient, par le passé, distingués en camayoc et yanaconas ; ils sont désormais fondus en une seule : yanaconas, catégorie reconnue comme telle dans le sytème normatif tolédan. Si la dénomination préhispanique subsiste, le sens qui lui est conféré est modifié. Ceux qui sont soustraits à l'autorité de la quel sport choisir pour maigrir rapidement gratuit dépendent directement de la Couronne et, pour bien les distinguer des précédents, sont appelés yanaconas del Rey.

Pour mieux connaître les réactions des descendants des Incas, il est nécessaire de laisser de côté les dénombrements pour nous tourner vers l'analyse des procès. Ils choisirent en effet la voie juridique pour contester le procédé d'enregistrement de la population de la Visite générale. Tableau 3 - Effectif des sujets de Beatriz Clara Coya par classes d'âges. La répercussion de la Visite générale dans la juridiction de Yucay. Le cas que nous allons analyser constitue un bon témoignage de la pérennité de ce problème, malgré la diversité des situations qui se succèdent au cours du temps.

Par ailleurs, c'est une occasion unique d'en éclairer ses implications juridiques. La seule façon de comprendre la Visite générale est donc de la situer dans ses prolongements historiques. Dans le même temps, il est nécessaire de réfléchir à la manière dont les verdicts furent perçus. Il est d'autant plus indispensable d'évoquer ces deux aspects distincts que l'historiographie a préféré traiter des résultats de la Visite générale sans s'intéresser à son impact social ni aux débats qu'elle a générés dans certains cercles de la société péruvienne de l'époque coloniale.

Notre analyse se centrera sur un litige qui mobilisa la cour et les opinions publiques péruvienne et espagnole durant cinquante-cinq ans de à Il s'agit d'un procès contre la Couronne, plaidé devant le corregidor de Cusco par le capitaine Martin Garcia de Loyola, petit-neveu d'Ignace de Loyola, au nom de son épouse, Beatriz Clara Coya.

Les époux réclamaient les Indiens qui leur avaient été soustraits au cours de la Visite générale deplus précisément les cinq cent soixante-treize. Nous pensons cependant que les demandeurs y mettent directement en cause le changement de statut des Indiens que ce transfert implique.

Le recours aux instances juridiques locales et supérieures, Tout commence en décembrelorsque le mandataire de Garcia de Loyola sollicite du vice-roi Toledo une copie de la liste nominative élaborée lors du dénombrement.

Il demande aussi la suspension du paiement des tributs. Dans le même temps, il dépose une première action en justice, accompagnée d'une information de témoins comprenant leurs quinze déclarations Il souhaitait que cette requête fût agréée ad perpétuant e rei memoriam, dans le but d'établir la réalité des faits et de faire reconnaître un droit possédé depuis des temps immémoriaux. Loyola pensait qu'il était possible que l'administration surseoie aux décisions de la visite, d'où la date à laquelle il entreprit ce recours.

Il avait alors l'espoir d'une réponse rapide du vice-roi, lequel poursuivait sa visite dans d'autres secteurs de la juridiction du Cusco. Mais ces espoirs furent déçus car Toledo ne se prononça jamais.

Un mois plus tard, le 10 janvierLoyola invoque la liste nominative pour se proclamer seigneur légitime des Indiens et dénonce la spoliation dont son épouse Beatriz fut victime. Il affirme que Gutierrez Flores a donné le statut de yanaconas à des Indiens qu'il a désignés de sa propre initiative et inscrits comme tels, sans vérifier au préalable et avec précision leur condition réelle.

La base de son argumentation se trouvait dans la copie de la liste que Loyola pouvait d'autant mieux juger défectueuse qu'il avait été lui-même nommé visiteur, bien qu'il eût été empêché d'exercer cette charge à cause de ses fonctions militaires. Il insiste sur le caractère équivoque du processus d'inscription, indiquant que les Indiens de Yucay ont continué à payer tribut à Beatriz Clara Coya, sans que leur statut n'entre en ligne de compte :.

Ils s'étaient toujours rendus et avaient servi quant aux choses de la communauté comme les autres Indiens tributaires et restaient soumis à leurs caciques.

Et peu importait qu'ils portassent le nom de yanaconas, car ce n 'est pas le nom mais l'effet qu 'il faut considérer et ce que les cédules royales et les instructions dudit vice-roi ont disposé. La demande de Loyola de restituer les Indiens s'appuie sur l'argument que le visiteur a été négligent et les a enregistrés indûment. Il considère qu'une erreur fut commise ; il indique en effet que Beatriz Clara Coya était mineure et orpheline en Partant de là, il rappelle que la législation des Indes prévoit la protection des mineurs et la restitution des pertes occasionnées par la négligence des tuteurs et curateurs.

Il sollicite donc une légitime restitutio in integrum Le corregidor du Cusco transmit le dossier aux magistrats de l'Audience de Lima. Le 3 aoûtsur décision du procureur, la demande fut rejetée. La nouvelle tournure que prit le procès conduisit la plaignante à recourir à un avocat, Juan Herrera de Atrandolasa, pour la représenter devant l'Audience.

De nouveau munie de la liste, elle contesta la possession par la Couronne de ceux que l'on appelle yanaconas du roi. Le procureur considéra ces prétentions comme sans fondement et refusa de répondre à la requête, d'une part parce que la méthode de Gutierrez Flores était conforme à la loi et, d'autre part, parce que les Indiens n'avaient jamais effectué les versements du tribut aux échéances établies : à la Saint-Jean et à Noël.

En dernier recours, la plaignante argumente que les anciens yanaconas ont toujours payé tribut à ses ancêtres les Incas, jouant de l'ambivalence du terme. Face à l'obstination du procureur, elle annonce son intention de déposer un recours auprès de l'instance supérieure, le Conseil des Indes.

Le 8 avrill'Audience de Lima reçut une requête adressée au Conseil, contenant les arrêts du procès civil. La requête arriva en Espagne au moment précis où l'on débattait de la question de la perpétuité des encomiendas du Pérou, dans une conjoncture sensible à la question que posait ce litige. De l'appel de la plainte à la condamnation, Les tribunaux restèrent silencieux sur l'affaire pendant sept ans, ce qui s'explique par le fait que Loyola assuma plusieurs charges politico-militaires importantes dans la vice-royauté.

Il fut, entre autres, nommé gouverneur de Potosi. Malgré ces postes de responsabilité, il poursuivit, en parallèle, une série de procès, entre etqui laissèrent en suspens son affaire principale. Cette rumeur au sujet des prétentions supposées de Loyola se répandit rapidement et, pour y mettre un terme, il fut proposé pour occuper le poste de gouverneur du Rio de La Plata, neuf ans après le dépôt de la première requête Mais Loyola fut retenu au Cusco par les plaintes et procès dirigés contre lui, sans pouvoir occuper.

Il fut principalement accusé de trafic d'or et d'autres actes graves contraires aux intérêts de la Couronne Bien que pâtissant d'une perte de prestige en raison de ses détracteurs et de la mise en cause de ses agissements, sa nomination intervint le 19 juillet Avant de se préparer à quitter le Pérou, il décida de présenter une seconde requête concernant le litige de Yucay.

Celle-ci, ainsi que la première, furent traitées directement par l'Audience de Lima. Cette démarche présente plusieurs différences par rapport aux précédentes, les revendications en étant plus complexes.

Le texte insiste sur la restitution des Indiens et du montant des tributs perçus par la Couronne, mais il présente également une nouvelle exigence, non formulée auparavant. Il sollicite ouvertement les privilèges que le roi avait donnés au père de Beatriz Clara Coya, mais non à sa mère, Maria Manrique Coya Observons en détail comment est introduite cette revendication. C'est ainsi que se complique le système probatoire. De simple épouse d'un capitaine espagnol, Beatriz Clara Coya devient héritière des Incas.

Pour justifier cette conversion, elle entame une longue démonstration généalogique, qu'elle articule avec la revendication de son droit à exercer l'autorité sur la vallée de Yucay cf. De exercice physique pour perdre son ventre velo fait, elle maintient sa revendication à propos des Indiens, mais elle demande aussi la réhabilitation de sa dignité.

Le procureur ne répondit pas aux arguments de la plaignante et critiqua même les preuves qu'elle avançait, contestant la validité et l'authenticité des documents. Dans le cas contraire, elle courait le risque de payer les frais du procès avec intérêts L'Audience de Lima, statuant sur le second litige, reçut.

Figure 4 - Repères généalogiques des descendants des Incas. Les démarches juridiques commencées en puis reprises en sont la preuve d'un profond désaccord.

Le temps semble sans importance pour les demandeurs. Ils n'ont pas prévu que leur comparution devant le tribunal était pour eux la dernière occasion de plaider.

Peu après en effet, Loyola part au Chili, où il décède en Enelle meurt à son tour, laissant l'orpheline à la charge non pas de sa famille mais d'un représentant de la justice.

Soulignons cheap botox deals glasgow le départ de l'enfant du Pérou était une mesure politique préventive, destinée à empêcher les descendants directs des Incas de prétendre aux anciennes juridictions de leurs ancêtres. Finla fillette reçut la sentence du procès intenté par ses parents en Une commission décréta que la requérante.

Au-delà de la victoire de Loyola Coya, arrêtons-nous sur les implications de ce verdict. Le titre avait-il été attribué par contrat encomienda ou octroyé sous forme de grâce royale?

En second lieu, la justice devait évaluer la validité des statuts accordés aux Indiens pendant la Visite générale. L'affaire fut jugée selon les lois des Indes. D'après le verdict rendu par trois juges spéciaux, la plaignante récupéra ses droits sur quatre cent dix-huit Indiens en qualité de tributaires.

Il faut voir dans ce verdict la reconnaissance implicite de l'erreur commise lors du dénombrement en En conséquence, l'administration était condamnée à restituer les Indiens qui appartenaient à la descendante des Incas. Ce silence se comprend aisément, puisqu'il s'agit là d'un des problèmes majeurs de la dominialité Les dispositions publiques étant claires sur ce point, seule une clause spécifique dictée par le roi était en mesure de les modifier.

Il s'agissait là d'un déplacement conceptuel de grande importance pour la. À ses yeux, les statuts octroyés aux Indiens durant la Visite générale avaient été établis conformément à la réglementation royale. Les deux positions paraissant inconciliables, une sentence définitive fut prise le 21 mars Ana Maria Loyola Coya fut informée officiellement le 29 mars de sa nouvelle victoire. Treize jours plus tard, elle recourait à un avocat célèbre, Diego de Contreras.

Ce favori du souverain était chargé de transmettre au président du Conseil de Castille sept nouvelles requêtes.

Elle souhaitait en fait obtenir, après quarante ans de litige, huit nouvelles juridictions appartenant à trois provinces différentes. Il est d'ailleurs curieux que ces prétentions n'aient pas été mentionnées par ses parents lors des précédents procès. Elle demandait donc ouvertement la juridiction de hmtencomiendas, ce qui, enétait démesuré, même si l'on tient compte de l'importante mortalité due aux épidémies La junta especial reconnut tout d'abord que de nombreuses promesses avaient été faites aux ancêtres incas d'Ana Maria, mais à titre personnel et donc sans possibilité de transmission.

Puis, afin d'éviter les réclamations, elle lui proposa une indemnité annuelle de huit mille ducats. Mais il s'agissait là pour elle d'une rente insignifiante. La Couronne lui accorda donc finalement un estado et seiïorio au sein de la colonie péruvienne. Le souverain lui octroya le titre de marquise de la villa de Oropesa dans le territoire du Cusco par voie de majorât, avec inaliénabilité de ce droit à des adjudicataires.

Elle reçut également le droit de percevoir les tributs, ainsi que la rente annuelle de huit mille ducats proposée précédemment. Un nouveau désaccord se présenta pourtant à propos de la somme. Ana Maria Loyola Coya ne s'en satisfit pas et en appela à l'ensemble des juges et au confesseur du roi pour qu'ils révisassent le montant annuel de la rente. Le roi considéra tout nouveau changement comme inacceptable, et la menaça de faire passer le litige devant la salle de Justice du Conseil des Indes, au risque de voir son affaire traitée selon les dispositions concernant les encomiendas.

Si elle persistait dans ses prétentions, il ne pourrait y avoir aucun traitement d'exception. Les termes employés par le souverain sont symptomatiques de la tension existant entre le Conseil des Indes et celui de Castille, divisés par un conflit de compétences concernant les affaires des Indes américaines. Le 1er mars enfin, après quarante et un ans de litige, la Couronne et Ana Maria Loyola Coya trouvèrent un arrangement.

Le procès intenté par les descendants des Incas, la famille Loyola Coya, est fort complexe, non seulement en raison de la qualité des protagonistes, mais aussi parce qu'il pose la question des droits seigneuriaux des Incas dans la société coloniale péruvienne.

Il ne s'agit pas d'un procès pour l'obtention d'un majorât, comme l'a affirmé, de manière réductrice, le juriste espagnol Bartolomé Clavero. Le contexte historique nous a révélé l'existence de dimensions politiques et de problèmes juridiques plus profonds. On voit surgir au cours des années, après la première instance deun faisceau de revendications.

Celles-ci se compliquant à mesure que le temps passe, le litige remonte aux instances juridiques les plus élevées, avec le transfert de l'affaire du tribunal du Cusco au Pérou jusqu'aux commissions spéciales du Conseil de Castille en Espagne.

Le corollaire de cet enchevêtrement de revendications est la demande de Ana Maria Loyola Coya, enqui résume de façon spectaculaire quarante et un ans de désaccord avec la Couronne. Par ailleurs, la structure du procès montre un glissement des principaux thèmes du débat entre et Cette mesure consistait à supprimer l'ancien mode d'enregistrement de la population, utilisé par les Incas pour constituer des réseaux étendus de serviteurs et maintenir leur pouvoir.

Toledo était convaincu de la nécessité de démembrer ces réseaux, par une rupture radicale des liens entre les serviteurs yanaconas et camayos et les familles incas qui continuaient à bénéficier de leurs services En changeant les statuts lors de la Visite générale, donc en amputant les Incas de communautés entières d'Indiens, Toledo parvint à réaliser en partie son projet d'en finir avec leur pouvoir. Enavec la deuxième requête, la revendication des cinq cent soixante-treize Indiens se fait insistante.

À la suite d'un long affrontement devant les tribunaux, sa fille, Ana Maria Loyola Coya, relance le litige et obtient le verdict favorable de La Couronne lui accorde les Indiens réclamés, ainsi que les tributs qui lui étaient dus depuis Ana Maria Loyola Coya réclame la sujétion d'un important contingent d'habitants du Cusco, une forte compensation monétaire, ainsi que diverses propriétés qui remontent au temps de Manco Inca.

Elle présente l'ensemble en une seule action en justice, dont se saisit désormais la Couronne. Son origine se trouve en effet dans la sentence de qui reconnaît, du moins en partie, les droits des descendants de l'inca Sayri Tupac et la sujétion de la population de Yucay.

Face à cette situation, la Couronne souhaite régler rapidement l'affaire. En accord avec la proposition de plusieurs juristes, Ana Maria Loyola Coya reçoit le titre de marquise d'Oropesa, devenant ainsi membre de la noblesse titrée d'Espagne. La concession de ces avantages, par la grâce de Philippe IV, met fin au procès, mais Ana Maria Loyola Coya a dû, pour cela, renoncer à ses revendications concernant les droits seigneuriaux de ses ancêtres incas.

C'est ainsi que se réalise le projet, cher à Francisco de Toledo, de supprimer les anciens droits des Incas et d'éliminer les droits que ses prédécesseurs leur avaient accordés. Le différend réapparaît cependant lorsque la dignité d'Ana Maria Loyola Coya comme marquise d'Oropesa est confirmée.

Cette attribution de titre supposait qu'elle retournât au Pérou, bien qu'elle eût quitté la terre de ses ancêtres maternels depuis son enfance. L'exhorter à revenir au Pérou, après un demi-siècle d'actions pour déposséder ses aïeux de leurs sujets et de tentatives pour expatrier son lignage, constituait un changement de politique extraordinaire. L'une des raisons qui expliquent ce renversement est qu'en bride pn 320 marquise elle devenait un personnage emblématique manifestant symboliquement la sujétion définitive des Incas à la Couronne, dépossédés auparavant des signes de leur autorité politique, ce qui constituait un véritable triomphe pour la monarchie.

C'est donc bien la politique de Toledo qui provoqua le litige. Les intentions du vice-roi, clairement exprimées dans le Parecer de Yucay, établissaient la nécessité d'anéantir les tyrans incas. Mais, par la suite, c'est la Couronne, par ses tentatives d'en faire des créatures aisément manipulables, qui engendra les ambiguïtés dans la reconnaissance des titres et des droits que possédaient les Incas dans la société coloniale.

Dibujo de Alvarez de Henostroza, índice, ca. En efecto, el orden que ha sido puesto en el oficio hacia mediados del siglo XVIII en Chile 76proviene muy probablemente de las posibilidades concretas de hacerse pagar las tareas de copista. Esa es una actividad encargada a los escribanos, especialmente aquellos que ejercen ante el Cabildo de Santiago y la Audiencia del reino de Chile. Sin la presentación de los actos efectivamente levantados no existe pago posible por el servicio efectuado. Un candidato a la adquisición del cargo, que atravesaba dificultades para pagar el oficio en su integridad, dejó entrever ciertas dificultades recurrentes para recuperar sus papeles.

Y entrega claramente esta explicación. Otro ejemplo: enValeriano Maldonado tiene problemas para conservar su cargo y rembolsar su precio 3. Sus posibilidades de generar entradas de dinero se encuentran entrabadas por acción de otro escribano, Gaspar Valdés Maldonado reclama lo que se le debe y explica en particular cómo se opera el pago a los escribanos de Santiago que proviene de esta tercera vía:.

Mientras tanto se desarrollaba el caso, el mismo Valdés ejercía de manera interina el cargo de escribano de cabildo, en reemplazo de Maldonado:. A continuación, Maldonado explica y denuncia:. Entonces, los inventarios y los libros copiadores de sentencias tienen la función de respaldar los registros de los sucesivos costos procesales que permitan pagar los salarios a todos los que trabajan junto al escribano. Esta intención de colegiar surge después de la introducción de las dos Intendencias, eny demuestra la capacidad de adaptación botox doesnt work on everyone los escribanos a esta nueva disposición administrativa.

Antes, la experiencia debía servir a aquellos que ejercían el cargo. Entre otros, el estudio de Tamar Herzog sobre los escribanos de Quito en la segunda parte del siglo XVII se basaba en la paradoja del escriba —a la vez temido y transparente—, punto de apoyo de su reflexión acerca de la importancia de este oficio en la sociedad colonial.

Fundamentalmente, el escribano es considerado como un subalterno desprovisto de autoridad formal, pero que dispone de un poder real de acción, como secretario del tribunal y como notario. Asimismo, sus registros permiten acceder a la intimidad de los actores que levantan los avenimientos discursivos, disciplinadores del orden social. La petición de creación del colegio de escribanos de Santiago, enparece resultar de la necesidad imperiosa de especializarse profesionalmente y posicionarse frente a los abogados, procuradores y jueces.

Ello corresponde a una tentativa de hacer emerger un saber notarial, aprendido, ejercido y mejorado en estos espacios coloniales —no trasplantado desde la Península—, y cristalizada en su propia expertise del derecho. Arte de contratar. Tomo segundo, Magin Canals, Tarragona, Coordenadas emotivas en la factura de experiencias judiciales. Chile,Acto Editores, Santiago de Chile,p. Baade, Hans W. La institución y sus hombresFundación Histórica Tavera, Madrid,p.

Barriera, Darío G. Organización política y justicias locales en territorios de frontera. Benton, Lauren A. Briegel, Françoise, Négocier sa défense.

Plaider pour les criminels au siècle des Lumières à GenèveDroz, Genève,p. Brundage, James A. Burns, Kathryn, Into the Archive. Nueva Recopilación, Histoire, Economie et SociétéParís, vol. Clanchy, Michael T.

England,Edward Arnold, Londres,p. Manuscrito inédito. El proceso de cambioTaurus, Madrid, [Ed. Fradkin, Raul O. Gayol, Víctor, Laberintos de justicia. Conflictos jurisdiccionales en Nueva España s. Helmholz, Richard H. Herzog, Tamar, Mediación, archivos y ejercicio. Herzog, Tamar, Defining Nations. Hoffman, Philip T.

Regimen y sistema politico tipos

Jacob, Robert, La grâce des juges. L'institution judiciaire et le sacré en OccidentPresses Universitaires de France, París,p. Madero, Marta, Las verdades de los hechos. Naissance du journal intimeParís, Hatier,p. Ross, Richard J. Pue, Lawyers and Vampires. Thompson, Edward Palmer, Los orígenes de la ley negra.

Justicia y gobierno, la afirmación de la autonomía capitular en la época de la intendencia. También, estoy muy agradecida de los trabajos, entre otros, de Kathryn Burns, Darío Barriera y Renzo Honores, así como de las sugerencias y correcciones de Ignacio Ayala Cordero, en torno a la revisión del castellano. No obstante, los errores y aproximaciones son mías. Documentos, vol. Pese a lo anterior, es necesario entender que la litigación no depende exclusivamente del rey sino de una conciencia social del derecho, de tal manera que el sistema penal funciona de forma abierta hacia la sociedad.

Eso explica la importancia de los auxiliares de justicia. Véase Herzog, Tamar, Upholding Justice. Sobre la importancia de la escritura en el proceso judicial, véase Burns, Kathryn, Into the Archive. Recientemente traducido al castellano: Jacob, R. Cabe precisar que, si bien muchas de las escrituras judiciales son hechas por los procuradores y sus ayudantes o los abogados, los escribanos de Santiago de Chile y sus escribientes redactaron los testimonios de expedientes judiciales conservados en el fondo de la Real Audiencia y, por supuesto, los documentos protocolizados.

Ver también Briegel, Françoise, Négocier sa défense. Plaider pour les criminels au siècle des Lumières à GenèveDroz, Ginebra, El autor convoca a una historia natural del procedimiento. Juan de la Cerda y D. Para facilitar la lectura se ha modernizado la ortografía de todos los extractos de documentos.

Tal reducción no se justifica teniendo en cuenta el lento desarrollo del proceso, sus posibles interrupciones, suspensiones o abandonos. La reforma de la justicia, y en particular del procedimiento judicial, aparece entonces como una medida para salir de una crisis. Sin embargo, para Tamar Herzog, la idea de justicia es la que funda la apelación, no aquella de la contestación de las bases legales de la decisión.

No existe entonces razón para limitar el ejercicio de la justicia a personas formadas en las técnicas de derecho.

Levaggi, A. Ver Herzog, T. Early AmericaGrossberg, Michael J. Ver Thompson, E. García Gallo, A. Para Thompson el derecho no puede resumirse a ser el instrumento de una ideología dominante: es una arena de conflictos atravesada por las relaciones sociales. Thompson, E. Para el caso de las relaciones de méritos, Mauricio Gómez Gómez afirma que, si al inicio se trata de un instrumento de reconocimiento de las acciones de los conquistadores, paulatinamente éstas se transforman en una herramienta de control de parte de la Corona.

Thompson sobre esta pregunta en La Guerre de ForêtsOp. Ver los trabajos de A. Agradezco a la autora el haberme facilitado una copia de su manuscrito inédito. Sobre la coexistencia de la vía amistosa con la vía judicial a lo largo del Antiguo Régimen en Francia, ver Hoffman, P. Scardaville, M. Cerutti, S. Naissance du journal intimeHatier, París,p.

Don Joseph Perfecto de Salas, por su parte, precisa que, para que la justicia sea otorgada en todos lados, es bueno nombrar defensores en el capo, donde no hay ni abogados ni procuradores. Año Felipe Lorenzana de la Puente resalta la multiplicidad de situaciones en que los jueces y las autoridades locales se disputan el ejercicio del poder. En el caso de Chile, podemos citar el caso de San Juan de Cuyo, enen que se oponen el Cabildo y el corregidor, por una parte, y el teniente de corregidor, por otra, en torno a un caso de hechicería.

No habría entonces inflación de juristas. Ver Levaggi, A. Viña del Mar, Chile. Revista centrada en la articulación entre historia y justicia, y orientada hacia el conjunto de los países hispanoparlantes. Revista Historia y Justicia. Índice - Documento anterior. Evidence, information, and papers. Recovering the role of notaries in the history of justice in Spanish America Chile, 17thth centuries. Preuve, information et papiers.

Plan del texto Introducción. La legitimidad del procedimiento. Saberes de notario: archivos, papeles y derecho. Texto completo PDF k Enviar el documento por correo electrónico. Poder y representación voluntaria en la admini Cultural Histor