Cuanto tiempo puedo tener una caries

Me pongo en su caso, me figuro las alarmas y las penas que eso acarrea a los que le quieren por encima de todo, y comprendo que la pena de ellos" debe apenarle a V. En cierto modo es para nosotros una pérdida de la libertad muy lamentable, que nuestros actos y nuestros.

Ahora estoy libre. Ahora mi estilo es como el agua cristalina que permite ver las algas en el fondo del mar. No sé a quien he de dirigirme para que me tengan por adherido a todos los actos, fueren los que fueren, que se hagan en defensa de V.

Todos los de mi casa le saludan cor. Barcelona, 18 de mayo de Mi querido amigo : Acabo de saber que ha fallecido su esposa, esa buena mujer, luz y orden de su casa, de cuya amorosa piedad me había hablado V. No se me ha ido nunca de la memoria una carta de V. Guando uno se da cuenta de ello, adquieren un valor gigantesco los afectos que han evolucionado, pero persistido, a través y a pesar de todo.

Prendidos en esas almas van girones de nuestra vida, que se va con ellas. Le escribo así porque muchas veces he comparado su hogar con el mío y a su mujer con mi mujer. Y comprendo que si ella muriese antes que yo, con ella moriría la mitad de mi vida. Acépteme V. Hace muchos años que no nos escribimos, pero yo de mí sé decirle que todo aquel mundo viejo de sus cartas no ha dejado nunca de tener íntimas resonancias en mi corazón.

Llórela V. Reciba una brazo de su amigo. Sí, todo aquel mundo viejo de nuestras cartas sigue resonando. Y la de mis hijos. Se me fue con Dios. Y El — sea como sea — me lleve de su mano, la que teje la historia. Y al írseme con Dios no se ha llevado girones de mi vida, sino el. Sí, hacia dentro. Que es el rocío del cielo. Y ahora, que Dios le conserve a usted la suya, la madre de sus hijos. Y de usted, de seguro. Tenemos que reanudar nuestra vida [de] relación, cuando usted gemía en sus prisiones imaginarias.

Luego nos vimos — por de fuera — en ese espantable Parlamento. Y, mi querido Gorominas, j qué solos nos vamos quedando los vivos 1. Un abrazo, cargado de recuerdos — de recuerdos de esperanzas — de su.

Y j qué de cosas me sugiere 1 Recuerdo mi visita a esa Barcelona en octubre dey el aplec de la protesta y la poesía que me inspiró aquel acto. De ello he de escribir, pues me voy ya serenando j Adiós 1. Cette correspondance se trouvait déjà dans les mains de l'imprimeur quand a paru l'article de M. Armando F. Zubizarreta G.

C'est une étude importante parla valeur des témoignages épistolaires qu'elle apporte. Les deux articles me semblent dignes d'attention aussi par les aperçus et les commentaires qu'ils contiennent, en particulier le deuxième. Il n'était pas loisible de juger un homme et un écrivain, et par surcroît un écrivain dont quatre livres fondamentaux ont été écrits ou traduits en espagnol, sans avoir lu de lui autre chose qu'un article très bref et les lettres qu'il a écrites à Unamuno : or, non seulement il n'y a dans.

Zubizarreta aucune allusion au texte de ces livres si ce n'est à travers ce qu'en disent ces lettresmais encore il trahit une ignorance évidente de tout ce que fut Corominas. Je n'ai pas à le suivre sur le terrain politique, en appuyant sur le fait que les coordonnées Salamanque ne sont pas moins significatives que Barcelonesur lesquelles il insiste infatigablement. Je me borne à témoigner que mon père, respecté par tout le monde à son âge de soixante-huit ans, et dans sa haute position administrative de Président du Conseil d'État, largement en dehors de la mêlée, n'a eu à subir ni n'avait à craindre de pressions politiques de personne.

Lui et ses fils étaient sans fortune, mais, tous professeurs ou techniciens, ils étaient capables de gagner largement leur vie soit en Espagne soit en exil : position, alors, la plus sûre de toutes.

La note 42 de M. Trop d'Espagnols et d'Hispa- no-Américains abusent encore du mot comme les ultra-orthodoxes de l'ancien temps. Unamuno et Corominas n'étaient athées ni l'un ni l'autre, et pour cela ils n'avaient pas besoin de coïncider entre eux, car les autres termes possibles protestant, agnostique Et qu'en tout cas et dans tous les temps, c'est bien à un déisme non orthodoxe qu'on a eu affaire? Zubizarreta reconnaît bien qu'il y a chez Corominas le désir de défendre son ami, mais, pour éloigner les fantômes, il veut trouver chez Corominas toute sorte de raisons d'une basse nature.

Brossa textes cités par M. Zubizarreta, note 14 le pronostic des trois amis était unanime : il n'allait pas pencher du même côté qu'Unamuno.

Zubizarreta p. Corominas résistait cependant à l'obsession de la mort ; il refusait de rien bâtir sur cette crainte et d'en faire la base de sa conception du monde et des devoirs de l'homme ; c'est là seulement que son attitude vis-à-vis de la mort différait plus ou moins de celle d'Unamuno.

Mais c'est surtout en face de la façon dont M. Zubizarreta conçoit l'attitude d'Unamuno aux moments les plus dramatiques et les plus dangereux de Montjuïc qu'on ne peut s'abstenir d'un sentiment de stupeur et d'indignation. Laissons de côté le fait indubitable que ces gens étaient des amis et des collaborateurs de don Miguel, et que, même s'ils ne l'avaient pas été, c'était la justice, outre la charité, qui était en jeu. S'il n'y a là quelque malentendu déconcertant, est-ce une passion politique aveugle ou une étrange dureté de sentiments qui peut expliquer un jugement pareil?

Le fait de s'intéresser passionnément pour ces gens d'idées avancées semble être, selon M. Zubizarreta, impossible de la part d'Unamuno et indigne de lui. J'ai bien peur donc que l'incompréhension dont M. Zubizarreta fait. A sa décharge il peut cependant faire valoir, dans une faible mesure au moins, qu'il ne s'est servi, pour juger l'article de Corominas, que de la traduction d' Atenea, infidèle et lamentable, pleine d'inexactitudes, de contresens et de non-sens Vers le commencement de l'annéeUnamuno, Jaunie Brossa et moi, nous collaborions à la revue Ciencia social, organe libertaire édité, à l'entresol d'une maison du Carrer Nou de la Rambla, par Gaietà Oller, typographe intelligent et alerte comme une belette, et un groupe d'ouvriers qui cherchaient à s'attirer l'appui de la jeunesse universitaire.

Notre compagnonnage intellectuel, qui dura de longues années, était devenu amitié intime lorsque je m'installai à Madrid, où Unamuno et Brossa venaient souvent me rejoindre pour quelques jours. Unamuno, qui était de cinq ans mon aîné, venait d'obtenir, à la suite d'un concours brillant, la chaire de Langue et Littérature grecques de l'Université de Salamanque, et de fonder un foyer qui devait lui donner beaucoup d'enfants. Ciencia social publia dans son premier numéro un article de moi, intitulé Educación inmoral, qui marqua le début de la collaboration universitaire à la revue.

Tarrida, R. Mella, Enric Vivesà moins que l'on n'eût recours à des traductions d'écrivains étrangers Hamon, Kropotkine, Pelloutier, etc. Il n'y avait eu que deux exceptions : un mémoire, plutôt ranee, de Pompeu Gêner et une courte note bibliographique de David Ferrer i Vallès. Dans le fascicule de janvierl'article de fond était de Miguel de Unamuno et s'intitulait : La dignidad humana. Il y soutenait que l'estimation du travail humain, de la personne humaine, considérés en tant que valeur d'échange, avait eu pour conséquence d'obnubiler le sentiment de la.

Si on réfléchit à ce premier article, on y trouvera une préoccupation dont Unamuno, au cours de sa vie, ne se départira plus. Dans le numéro de février, Jaume Brossa publiait sous les initiales J. Notre groupe avait pris son essor. Dans le numéro de mars sortaient en même temps, par l'effet d'une coïncidence plus intime, un article d'Unamuno, La crisis del patriotismo, et un autre de moi, El amor patrio.

Dans le numéro de juin, plus de la moitié du texte était de nous. La rencontre passionnée des éléments universitaires et des ouvriers devenait de jour en jour plus intime et plus féconde, aussi bien dans le journalisme que sur le terrain de la propagande et des activités théâtrales. Un des objectifs de la cabale militaire au procès de Montjuic fut de disperser ce rassemblement.

Nous fûmes tous arrêtés ou exilés. Seul Unamuno resta en liberté. Mais, dans la solitude de Salamanque, il travaillait à notre libération. Il mit en branle Joaquín Costa. Bref, il fut le premier qui eut le courage de nous défendre, alors que l'opinion publique se déchaînait odieusement contre les prisonniers et qu'un journal républicain ouvrait une souscription pour offrir une épée d'honneur au lieutenant Portas, ordonnateur des tortures. Je me rappellerai toujours avec émotion que, lorsque tant d'amis maigrir ventre femme exercice reniaient, Unamuno m'envoya à Montjuic, en donnant à son geste toute la publicité voulue, un exemplaire de son premier livre, Paz en la guerra, accompagné de la dédicace suivante :.

Con él va toda mi simpatía y mi cariño hacia Usted, amigo Corominas. Quand ils reçurent le livre, les bourreaux de Montjuic restèrent plusieurs jours sans savoir que faire. Eux qui croyaient avoir semé la terreur, ils se sentaient ébranlés par tant de jeune audace.

Le coup de tonnerre de sépara Unamuno du petit noyau qui avait commencé h se former à Barcelone. Quant à moi, je recouvrai la liberté et, après mon exil à Hendaye, je dus aussi m'établir à Madrid où j'habitai quatre ans. La différence qui séparait le groupe de Barcelone de celui de Madrid consistait en ceci : le premier anticipait sur les temps nouveaux, car il orientait les intellectuels et les universitaires vers le mouvement révolutionnaire ouvrier — tandis que le second prenait la forme d'une renaissance littéraire qui s'efforçait d'insuffler à la vieille Espagne une vigueur nouvelle et de guérir les maux que le désastre colonial avait mis en évidence.

L'un et l'autre échouèrent : à Barcelone, les jeunes gens finirent par grossir les rangs du catalanisme libéral, qui devait aboutir à la formation de YEsquerra, et à Madrid la génération de prit bien vite ses distances à l'égard du ras. Vida nueva fut pendant quelque temps, à Madrid, un lieu de rencontre. Le premier numéro débutait par un article d'Unamuno : Abajo don Quijote.

Viva Alonso Quijano el bueno. Peu après j'ouvrais, dans cette même revue, la campagne pour la révision du procès de Montjuic. C'était nous, les animateurs de Vida nueva, qui préparions le meeting du Fronton ; mais, après que Silvela eut gracié les prisonniers qui restaient dans les pénitenciers d'Afrique, l'effervescence tomba tout à fait. Les hommes de la génération de purent alors se rassembler autour d'un hebdomadaire, La vida literaria, où je publiai en castillan Las prisiones imaginarias.

Mais les rédacteurs Benavente, Valle-Inclan,Baroja, etc. Entre temps, Miguel de Unamuno s'était peu à peu défait de ses velléités libertaires. Sa crise religieuse, ou plutôt mystique, de avait laissé, en s'apaisant, son âme calcinée. Sans doute entendait-il encore à l'intérieur de lui-même l'écho de ses propres paroles :. La cuestión es elevarse y distinguirse, diferenciarse sin respeto alguno al necesario proceso paralelo de integración.

Tous ceux qui ont suivi l'évolution en zigzag de la pensée d'Unamuno au cours des vingt dernières années de son existence apercevront à quel point le sentiment de la vie en tant que valeur d'échange, dont il avait pris en sa jeunesse une vue si claire alors qu'il le combattait vigoureusementavait fini par se rendre maître de son âme à partir de l'instant où la crise religieuse avait étouffé à jamais en lui le sentiment profond de la révolte contre la valeur assignée à l'homme dans le capitalisme et qui lui avait arraché ce cri déchirant :.

La crise religieuse dura quelques années, mais son intensité allait peu à. Il est douteux qu'elle ait jamais dépassé le champ circonscrit des idées pour remuer ou altérer, par la polarisation soudaine de la foi, les couches sédimentaires du sentiment. Certes, elle jaillit à la manière d'une éruption instantanée. Mais chez un intellectuel comme Unamuno, si profond connaisseur de ces phénomènes, il est difficile de faire la part de l'impulsion spontanée et de l'auto-suggestion inconsciente et, cependant, essentiellement volontaire.

Dans une lettre, il m'expliqua sa crise comme une décharge fulminante qui le blessa au beau milieu de la nuit. Depuis de longues heures déjà, il était la proie de l'insomnie et se retournait, inquiet, dans le grand lit où sa femme, à ses côtés, sentait son agitation, mais, dominée par la peur, restait sans mot dire. Brusquement, un grand sanglot le secoua tout entier et l'inonda de larmes.

Traduction de "puedo tener más" en français

Quelques années plus tard, il me fit visiter le couvent et me montra le lieu où il avait passé les premières heures de sa réclusion, face au mur, en prières Quelques mois s'écoulèrent et, vers le milieu de l'annéeil entamait avec moi j'étais alors exilé à Hendaye une correspondance suivie, faite de longues lettres dont l'en-tête était marqué d'une petite croix.

Il me racontait tous les détails de sa conversion comme il ne l'a fait, je crois, pour personne, et il me disait tout ce que je devais faire pour me convertir à mon tour. Nos lettres, sincères et passionnées, étaient l'écho du combat que chacun de nous menait contre son âme et contre lui-même.

Elles étaient, comme il l'a dit plus tard, une agonie. Le sujet de notre correspondance était le suivant : par quelles voies la polarisation de la foi peut-elle s'accomplir dans une âme baignée de religiosité? Prenez de Veau bénite, disait Pascal. Et ailleurs il nous encourageait en ces termes : Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé. Si on publie un jour notre correspondance, il est à peu près sûr que le lecteur impartial aboutira à cette conclusion : Unamuno croyait croire, mais il ne croyait pas.

Sa conviction était aussi sincère que fausse. Depuis de longues années, il avait perdu la foi de son enfance et, s'étant laissé emporter par le vertige des hautes solitudes révolutionnaires, il avait voulu reprendre pied sur cette terre ferme. Vaine tentative! Il le savait et, s'il ne l'éprouvait pas, il s'efforçait d'en retrouver en lui le décalque. Mais jamais il ne retrouva la foi.

Au bout de quelques années, il oublia de tracer la petite croix en tête de ses lettres. Mais le contact des êtres qui n'avaient pas perdu la foi lui prouvait qu'il ne l'avait point.

En réalité, il ne voulait pas que cela fût dit et, s'en prenant à eux, il les accusait de manquer de foi : c'était eux qui ne l'avaient pas. Aussi est-ce de lui que j'appris la phrase de Goleridge qui lui sied si bien : a Vous ne croyez pas, vous croyez croire.

Dorénavant, toute la vie d'Unamuno sera l'écho de ce combat. Le reste était comme un désert, où sa conception matérialiste de l'homme considéré comme une valeur d'échange s'érigea bientôt en obsession prédominante.

Il fallait se différencier, maintenant que la flambée mystique avait détruit à jamais l'élan d'humanité qui lui avait arraché son premier cri de révolte, et qui seul était capable de faire jaillir la force créatrice qu'il y avait en lui :. Si on laisse de côté tout ce qui a trait à cette grande tempête de sa vie, le souci de se différencier l'amena à prendre successivement les positions les plus contradictoires. Tous ceux qui le connaissaient, nous savions qu'il était un Basque de pure souche par la structure même de sa pensée, son goût pour l'expression imagée, son acharnement à ne voir dans l'avenir que le reflet de sa volonté personnelle.

On sait qu'aux yeux du Basque, les choses ne sont que ce qu'il voudrait qu'elles fussent : il est actif et obstiné, et fait preuve sophocle atrides courage qu'il voudrait acéré.

Et cependant ce fut contre la langue, les opinions et la politique de son peuple qu'Unamuno décocha ses paradoxes les plus terribles. Les plus terribles et aussi, il faut bien le dire, les plus basques. Pour dénigrer quelque chose, il lui fallait d'abord l'avoir aimé. Quant aux choses qu'il n'avait pas d'abord aimées, il leur opposait le mépris et un refus total : l'autre versant du paradoxe lui faisait alors défaut. Et quand il dénigrait, c'était sous l'effet d'une irrésistible lubie ou, pour mieux dire, d'un penchant de sa propre pensée qui se donnait libre cours à l'occasion d'une réaction intéressée, d'un dépit ou d'un élan de vengeance dont sa conscience, sur le moment, ignorait tout.

C'est là ce que n'ont jamais compris ses ennemis ou ceux qu'irritaient ses réactions contradictoires.

Je parle ici sans la moindre arrière-pensée d'apologie ou de blâme. Je ne suis ni son défenseur ni son détracteur : je constate. Unamuno était toujours sincère : derrière ses jongleries et ses paradoxes, il y rvait l'amour, la passion de tout ce qui était l'objet de son insolence. Mais il avait pris l'insurmontable habitude de se différencier, d'améliorer ou, tout au moins, de soutenir sa propre valeur sociale d'échange.

A la dictature, il répondait par le mépris et le refus. Plus tard, il nous chagrina par ses paradoxes contre la république. Les procédés dont il était l'objet y entraient-ils pour quelque chose? Était-ce affaire de succès personnel ou d'échec? La politique du moment allait-elle le tenir éloigné ou, au contraire, le rapprocher de ce rectorat où il s'était habitué à exercer son ingouvernable passion de gouverner?

A cela je répondrai que je ne cherche pas à montrer dans Unamuno un homme sans passions, insensible à ses intérêts et que rien ne saurait fléchir. Il disait lui-même qu'il n'était pas de la pierre dont on fait les statues. Je me contente d'ouvrir le chemin qui permettra de mieux s'orienter dans l'enchevêtrement de ses contradictions. J'apporte une lumière humaine susceptible de faire mieux voir la sincérité sous l'erreur, l'affection sous la diatribe, le mépris sous la froide adhésion, l'inclination cordiale sous la critique passionnée, la confession inconsciente sous le paradoxe.

Unamuno avait déjà plus de soixante-dix ans. La vie avait perdu pour lui une grande part de ses attraits. La mort de son fils infirme l'avait délivré de cette sorte de dévotion passionnée que nous inspire le malheur des êtres que nous aimons. Ses autres enfants, en grandissant, s'étaient émancipés et la famille se dispersait peu à peu.

Lorsqu'il perdit, il y a peu de temps, son épouse — cette femme si travailleuse, casanière et menue qui éclairait d'une lumière amie le foyer du philosophe si souvent lointain, cette femme dont il. Pensez à la tristesse désolée d'Emmanuel Kant lorsqu'on coupa l'arbre à l'ombre duquel il avait coutume de débrouiller l'écheveau de ses pensées.

Il n'était plus en âge de recommencer une vie nouvelle. Mais, tant qu'il habitait à Salamanque, les souvenirs et les ombres comblaient les vides qui, ailleurs, eussent brisé l'unité et la continuité de son existence. Quoiqu'il fût un brave homme, tendre et docile envers les siens il ne s'est jamais mieux dépeint que dans une oeuvre de jeunesse : Paz en la guerrail ne se départait plus maintenant de son rôle de hérisson, de ce personnage d'homme irrité et cruel, qui n'avait jamais fait peur à son épouse.

On eût dit qu'il était toujours en tension : il jugeait la société selon une logique sans entrailles, ses expressions étaient plus imagées que jamais et les termes dont il se servait paraissaient souvent empreints d'une inhumaine dureté. Presque toujours solitaire, même en ce milieu familier dont l'influence aurait dû modérer son irritation toute extérieure et de pure forme, il n'était plus maître de s'arrêter ni de se retenir — du moins sans que l'apparence de son caractère s'en ressentît — sur la pente funeste qui l'entraînait à se déclarer l'ennemi de tous les hommes.

Et bien, je prétends, quant à moi, qu'au fond de lui- même Unamuno restait aussi bon que par le passé, et que cet épisode de sa tragédie ne fut certes pas pour lui le moins douloureux. Dans les derniers temps, il nous avait pris, nous autres Catalans, pour cible de ses paradoxes les plus acerbes. C'était, en lui, la preuve qu'il nous avait aimés. Il votait contre nous au Congrès, s'entêtait à nier la légitimité du catalan littéraire d'aujourd'hui et récitait de mémoire VArpa de Mossèn Cinto Verdaguer, poème écrit dans une langue que personne ne parle plus et qu'en outre il prononçait à la castillane, pour nous prouver que c'était là le catalan authentique et non pas celui dont nous nous servions.

N'empêche qu'il avait trouvé en Catalogne les amis qui l'aimèrent et le respectèrent davantage et qu'il avait été beaucoup plus prophète chez nous que chez lui!

On peut dire que les deux bêtes noires d'Unamuno, celles qu'il a le plus cruellement et le plus apparemment poursuivies, furent l'Euskadi et la Catalogne. Mais ceux qui, comme nous, le connaissaient intimement ne se laissèrent jamais tromper par les apparences. Je ne sais si cette histoire est vraie.

En tout cas, elle mériterait de l'être, et l'on sait que pour Unamuno les choses qui méritent d'être vraies, même si elles ne le sont pas, constituent l'expression la plus parfaite de la vérité. On raconte qu'à SaJamanque, alors qu'il présidait à l'Université la Fête de la Race, quelqu'un avait osé dire que les Catalans et les Basques n'avaient rien donné à la culture espagnole.

C'était dans les premiers mois qui suivirent le soulèvement fasciste, à une époque où il était dangereux de s'opposer aux insolences d'un militaire rebelle.

C'est alors qu'Unamuno, devant les autorités officielles, le verbe en bataille, déclara à la face des patriotes du Tercio et des Mehalas que la Catalogne, depuis le Moyen Age, n'avait cessé d'apporter à toutes les manifestations de la vie espagnole l'influence constructrice de sa culture — et que l'homme basque était l'élément humain qui faisait sienne et avait toujours fait sienne l'attitude la plus dramatiquement interrogative en ce qui concerne la vie de l'homme et sa fin dernière.

Voilà le véritable Unamuno, l'Unamuno intérieur, non pas celui des para. Que cada cual se desarrolle como él es y todos nos entenderemos. Comment aurait-il pu s'entendre avec ceux qui se font du nationalisme une conception économique de reconstruction capitaliste?

Permettez-moi de citer encore ses propres termes dans La crisis del patriotismo :. El uno, atizando los odios entre las regiones, sirve a los que las explotan ; el otro pide la separación de los elementos antitéticos violentamente unidos para que se comprendan y se unan al cabo, en coordinación santa y libre, no en subordinación maldita y autoritaria. Que diront maintenant les sceptiques qui seraient capables de penser qu'Unamuno n'avait jamais en vue que le rectorat de l'Université?

Ce jour-là, en fait, il mit tout sens dessus dessous : le voilà, votre rectorat! Il ne s'agissait pas d'une diatribe de plus : c'était son être véritable, celui de toujours, qui se révoltait. L'homme de lettres qui nous a raconté sa protestation de Salamanque ajoutait que l'évêque lui fit comprendre à voix basse qu'il se compromettait.

Ce fut alors qu'Unamuno éclata, et dit à haute voix afin que tout le monde l'entendît :. Telle fut la fin tragique de Miguel de Unamuno, écrasé parla réalité entre les deux battants du paradoxe. Entre la vérité comprise des autres et de lui- même, et la chimère insensée qui, à la faveur d'une boutade, supplante effrontément la vérité. En un instant, il s'est trouvé séparé de ceux qui, toute leur vie, avaient pensé comme lui, et mêlé à d'autres qui le prenaient au mot.

Il lui était arrivé une aventure semblable après sa crise religieuse.

Cuanto tiempo puedo tener una caries

Le monde des bigotes, d'enfants de Marie et autres grenouilles de bénitier qui l'accueillait à bras ouverts ne pouvait être le sien. C'était le monde des.

Ils le prenaient au mot, car il les avait rassemblés autour de lui par ses diatribes contre la république parlementaire, et ils étaient venus, les mains dégouttantes de sang. Mais il n'était plus temps d'opposer des paroles à d'autres paroles. Tant que l'Espagne constituait un bloc plus ou moins compact, il était facile d'exercer la critique, facile, et même, à certains égards, profitable, car il est bon que celui qui détient le pouvoir et le gouvernement soit l'objet d'une critique : si elle est fondée, elle stimule la rectification des erreurs ; si elle ne l'est point, elle lui apporte le renfort d'une réaction contre l'injustice.

Mais, dés l'instant qu'il y eut deux Espagnes, Unamuno se trouva perdu. Surpris en territoire fasciste, contre qui son irritation fondamentale allait-elle s'exercer, s'il ne lui restait plus que la liberté de faire l'éloge de ceux dont il était prisonnier?

Lui qui les avait servies en guise de condiment, il lui fallait maintenant en faire sa nourriture. Et il était bien forcé de se taire! La voilà sa lutte, sa tragédie obscure, son agonie. Son silence l'cloignait de la société, le détrônait dans son propre royaume, dans cette Espagne qu'il avait aidée à se construire. Se taire, c'était mourir 1 Ceux qui d'ordinaire le voyaient aller et venir dans les rues de Salamanque, les yeux étin- ceiants d'une fureur qu'il suscitait en lui lorsqu'elle ne lui venait pas spontanément, le voyaient maintenant déambuler en silence, traqué par la mort.

Il est certain que, dans ces conditions, la mort ne lui fut point amère. Celui qui, unan plus tôt, aurait rassemblé tout un peuple derrière son cercueil, n'était plus conduit au cimetière que par trois ou quatre de ses enfants et le petit groupe, triste et terni, des quelques fidèles qui jamais, et moins encore en cet instant, ne voulurent l'abandonner. Et voilà qu'il faut maintenant aux hommes de sa génération un certain courage pour le défendre contre l'injuste mépris d'un peuple qu'il a si puissamment contribué, par la grandeur de sa pensée, à ennoblir.

Saint Augustin, ; nécr. Bernardo, voir Rodríguez Serra. Jaume Brossa, 47, 48, 55, 66. Alfredo Calderón y Arana, note Calvin, Cambó, Campoamor, Carlyle, Joaquim Cases Carbó, Ciencia Social, Coleridge, Joaquín Costa, 69, Marcelino Domingo, 56, Pedro Dorado Montero, Dostoïevski, Manuel Duran i Bas, España Moderna, Pompeu Fabra, note El Faro, Febvre, David Ferrer i Vallès, Flores, Saint François d'Assise, 51, Garcia Bla.

Pompeu Gêner, Francisco Giner de los Ríos, José Gonzalez Alonso, [bis. Jacinto Grau, notes 52, Araadeu Hurtado, Ibsen, William James, Jansénius, Ricard Janssens, Alfred Jeanroy, Kant, Kierkegaard, Larrabure, Leopardi, 48, Edouard Le Roy, Luis Maldonado de Guevare, note 37. Maluquer, Eduardo Marquina, Martínez Ruiz, Martínez Sierra, 51, Maya, velo de — Meyer-Lubke, note Thomas More, Nietzsche, Rafel Nogueras i Oller, note Gaietà Oller, Pascal, 49, 52, Peirce, note Planas i Casais, Platon, Polavieja, Lieutenant Portas, Rabelais, La Renaixensa, Revista Blanca, Emilio Riu, notes 72, Rizal, et note Bernardo Rodríguez Serra.

Rohde, Romain Rolland, Rousseau, Rovira i Virgili, Auguste Sabatier, Sarda i Llaberia, Jacques Sautarel, Schopenhauer, Shakespeare, Spencer, Federico Urales, Juan de Valdés, Jacint Verdaguer, José Verdes Montenegro. La Veu de Catalunya, Vida Literaiia, Vida Nueva, Plàcid Vidal, Doyen Vilaseca, Amadeu Vives, Zubizarreta,notes.

Luis de Zulueta, Apparemment, il répond à une lettre peut-être plutôt une simple cartequi n'a pas été conservée. Déclaration dont il faut prendre note. On sait qu'il s'est appliqué assez souvent ce qualificatif ou un autre pareil.

Emilio Riu, député et financier catalan, directeur de la Revista de Economía y Hacienda madrilène, dont Corominas était'un collaborateur assidu. Est-il besoin de dire qu'il s'est trompé? Corominas a vécu à Barcelone le reste de sa vie ; il y a souffert, mais c'est tout le contraire de la haine qui en est résulté. On peut lire son dernier jugement sur les Catalans et la formulation définitive de son attitude vis-à-vis de sa patrie, dans son journal intime, Diari de la Diaspora, un peu avant sa mort, publié dans El Perfecte Dandi ; ainsi que dans Y Elegía de Valencia.

Patriote convaincu jusqu'à la fin, cela ne signifie pas qu'il ait jamais abdiqué ses droits critiques. D'ailleurs, au fond de lui-même, Unamuno était moins ennemi des autonomistes qu'il n'en avait l'air : cf. On remarquera que ces questions sont restées sans réponse dans les lettres sui. Il est vrai qu'en ce qui concerne la première, l'occasion n'était pas favorable à une réponse. Expliquer bien les idées de Corominas relatives à ce sujet demanderait beaucoup plus d'espace que nous n'en avons ici.

Je renvoie à La Vida Austera [passim; notamment fin du chap. On doit se rappeler surtout qu'aux yeux de Corominas le protestantisme et le catholicisme ont reçu des empreintes ineffaçables de leur vie séculaire en commun, le premier avec les peuples germaniques, le second avec les peuples latins. Ceci au point de rendre le protestantisme inadaptable aux Latins. Or, s'il était capable de s'intéresser intellectuellement et même se passionner pour des buts purement intellectuels, Corominas s'est toujours refusé à engager à fond ses forces dans la lutte pour des objectifs ne pouvant pas intéresser la collectivité.

J'ajoute, avec l'abréviation fr. Romeu La vie austère, Paris, Alean, Les citations de l'original sont d'après les pages de la première édition. Pour la traduction castillane, voir lalettre du 10 avril Il y a encore une traduction italienne, d'Al- fredo Giannini Florence,peut-être la meilleure de toutes. C'est dans l'Introduction, p. C'est une coquille évidente : il s'agit naturellement de C. Peirce,le scientifique nord -américain qui a été le précurseur du pragmatisme, et qui semble avoir inventé le mot.

Pour ce qui est de l'enfance et de l'adolescence I, v,fr. Corominas lui-même cite Le Roy, dans l'introduction de son livre, p. Le cas d'Unamuno lui-même nous prouve aujourd'hui, surabondamment, que là il se trompait. Pour mieux comprendre ce jugement d'Unamuno sur la philosophie et l'éthique de Corominas, il faut le comparer avec la lettre de celui-ci datée du 27 septembre 1en particulier les paragraphes 23 à 29, qui ont dû contribuer beaucoup à la formation de ce jugement.

Il n'a jamais publié l'article qu'il promettait dans cette lettre et les suivantes, et qui était presque tout prêt d'après ce qu'on vient de lire. Leur amitié juvénile s'était refroidie sans rupture. En tout cas, je me souviens que verset plus tard, mon père le regardait toujours comme un ami ; Brossa est mort en Il n'y a sans doute pas là de réticences du tout. Leur amitié était assez complète pour qu'Unamuno n'attendît pas de son ami une approbation inconditionnelle de ses attitudes dans tous leurs aspects.

Corominas, ici et dans les lettres qui suivent, peut penser à ce qu'il nous dit à la fin du IV de sa nécrologie : Unamuno n'était pas t dépouillé de toutes les passions Ou bien c'est une réserve sans signification, due à son éloignement.

Peut-être cette lettre n'est-elle pas parvenue à son destinataire cf. En tout cas, elle n'a pas été retrouvée dans les papiers d'Unamuno. Il s'agit de l'une des entreprises financières d'Emiüo Riu, dont il était l'avocat consultant. Il s'agit, semble-t-il, du littérateur catalan Rafel Nogueras i OUer, né encollaborateur de Jooentut. Il ne se rapporte évidemment pas à la lettre du 11 janviermais à la lettre antérieure, non retrouvée jusqu'ici, des premiers jours d'août ; cf. Les paragraphes cités se trouvent aux pages 18, 10 et Ils sont traduits en catalan dans l'article original de Corominas.

Ici, on en rétablit le texte espagnol d'après l'édition -citée. Je saisis cette occasion pour faire remarquer que c'est évidemment à tort que M. Unamuno lui-même en avait une haute idée encomme il l'a prouvé en l'imprimant à une place de choix, en tête du volume III de son reuvre de prédilection ; longtemps après l'avoir écrit, il continuait de le citer voir le début de sa lettre du 13 mai comme contenant quelques-unes de ses meilleures idées.

Zubizarreta, constatant que la rencontre d'Unamuno et Corominas en a dû se produire à Madrid, pas à Salamanque, se demande quand Unamuno a pu montrer ce couvent à Corominas. Mais, naturellement, Corominas a visité Salamanque plusieurs fois, et toutes ces fois il a vu Unamuno.

III, p. Bulletin hispanique Année pp. Documents liés Référence bibliographique. Plan [Division annexe. Post-scriptum] [link] [Division annexe.

La fin tragique de Miguel de Unamuno] [link] [Division annexe. Index] [link]. Mi muy querido amigo : No quiero diferir ni un día el contestarle. Y usted reciba un abrazo de Miguel de Unamuno que no le olvida. Bulletin hispanique.

Salamanca 9 I Le quiere su amigo. Pedro Gorominas. Pedko Cohominas. Un abrazo de Unamuno. Le saluda su amigo.

Salamanca, 2 V Quiero que salude a su mujer, a la que veo haciendo hombres a sus hijos, I Que Dios se los proteja I Y usted, mi antiguo y buen amigo, reciba un abrazo de Miguel de Unamuno. Todos un rider de mi casa le saludan cor- dialmente y le abraza su amigo. Salamanca, 26 V Y, mi querido Gorominas, j qué solos nos vamos quedando los rides orlando universal studios ca 1 Un abrazo, cargado de recuerdos — de recuerdos de esperanzas — de su amigo.

De ello he de escribir, pues me voy ya serenando j Adiós 1 Post-scriptum. Post-scriptum Cette correspondance se trouvait déjà dans les mains de l'imprimeur quand a paru l'article de M. II Le coup de tonnerre de sépara Unamuno du petit noyau qui avait commencé h se former à Barcelone. IV Au bout de quelques années, il oublia de tracer la petite croix en tête de ses lettres. V Unamuno avait déjà plus de soixante-dix ans.

VI Telle fut la fin tragique de Miguel de Unamuno, écrasé parla réalité entre les deux battants du paradoxe. Luciano Abeille, note Leopoldo Alas Clarín Santiago Alba, nécr. Balart, Pío Baroja, ; nécr. Matías Barrio y Mier, Beethoven, Jaume Brossa, 47, 48, 55, 66, José Gonzalez Alonso, [bis Luther, La lengua cumple una función fundamental para el desarrollo de los maxilares,el habla, alimentación, etc.

Por lo general, es causa de dolor en la ingesta de alimentos frios o calientes, dulces, al cepillar los dientes,etc. Aller vers. Sections de cette Page. Aide accessibilité. Adresse e-mail ou mobile Mot de passe Informations de compte oubliées?

À propos. Informations de compte oubliées? Plus tard. Informations concernant les données de statistiques de Page. Vilodent Chetumal. Envoyer un message.

Tips para evitar que se despeguen tus brackets Vilodent Chetumal: Odontopediatría y Ortodoncia a partagé une publication. Tongue tie release. Ausencias Dentarias! Cepillarse los dientes es una forma de mantener a raya las caries, así como de lucir una sonrisa brillante y tener un aliento fresco.